Recensione su Damiana, un romanzo impegnato scritto da Vincenzo Muscarella. Testo originale tratto da un articolo-lettera di Carlo Rao tradotto in francese da Salvatore La Tona e Domenico Autolitano.

Revue sur Damiana, un roman engagé écrit par Vincenzo Muscarella. Texte original en italien tiré d’un article-lettre de Carlo Rao et traduction en français de Salvatore La Tona et Domenico Autolitano.

A titolo introduttivo : Damiana, il romanzo scritto da Vincenzo Muscarella, è impegnato come il suo autore che ha battagliato nella vita dal lato dei sindacati. Enzo, come lo chiamano gli amici, ha scritto la storia ordinaria d’una madre come tante che, in seguito allo stupro della figlia ad opera del padrino del villaggio nel quale risiede, rompe la regola non scritta dell’omertà rivoltandosi alle convenzioni sociali dettate da Cosa Nostra per denunciarene, con il suo gesto estremo, la rete di sottomissioni e connivenze che legano le mani ad un’intera comunità. La lettera-articolo di Carlo Rao (http://www.carlorao.it/siteon/index.php), originario dello stesso paese di Vincenzo Muscarella (Cerda), precisa meglio di qualsiasi analisi narratologica o discorso il senso di Damiana e della storia raccontata da Vincenzo Muscarella.

En guise d’introduction : Damiana, le roman écrit par Vincenzo Muscarella, est engagé comme son écrivain qui a bataillé dans la vie du côté des syndicats. Enzo, comme l’appellent les amis, a écrit l’histoire d’une mère tout à fait ordinaire qui, suite au viol de sa fille, accompli par le parrain du village dans lequel elle réside, brise la règle non écrite de l’omerta en se révoltant contre conventions sociales dictées par la Cosa Nostra pour dénoncer avec son geste extrême la toile des soumissions et des connivences qui lient les mains à toute une communauté. La lettre-article de Carlo Rao (http://www.carlorao.it/siteon/index.php), originaire du même village de Vincenzo Muscarella (Cerda), précise mieux de n’importe quelle analyse narratologique ou discours le sens de Damiana et l’histoire racontée par Vincenzo Muscarella.

Caro Vincenzo,

Ho letto e ri/letto il tuo Damiana.
Ho provato a disegnare la coerenza della fabula narratologica del tuo romanzo, la pertinenza strutturale delle varie funzioni saggiamente distribuite in perfetta lucidità sequenziale, il controllo sapiente con cui sei riuscito ad equilibrare memoria ed analisi, nostalgia e seduzione.

Poi mi sono fermato.

Sì, mi sono fermato proprio nel momento in cui nell’esplicare (e sottolineare) figurazioni e personaggi (ruoli, modalità, caratterizzazioni, uso quanto mai originale del rapporto langue-lalangue [La langue (linguistica, Saussure)et lalangue (psicoanalisi, Lacan), entrambe opposte a un concetto classico di linguaggio], ho percepito che stavo per stendere una sorta di recensione analitica sul tuo lavoro.
No.
(Tra l’altro la mia cifra – dicunt – sia quella legata alla poesia più che alla testualità narratologica e, dunque, rinserro ogni direttiva su moventi e/o movimenti esplicativi).

Desidero, invece, testimoniarti l’emozione (forse è più corretto dire commozione : nel senso originario di cum-movere) che il tuo Damiana mi ha regalato.
Sì, caro Vincenzo : ho rivissuto – con qualche brivido intriso di nostalgia e rabbia – le stagioni di quella nostra comune terra madre che aveva la capacità di inventare i giorni come momenti di perpetuo teatro, farsa, tragedia.

E ho ritrovato i silenzi dei pomeriggi colmi d’arsura e di sguardi laterali, le indicibili guerre a tutti i santi durante le partite a briscola nei caffè, la ritualità epico-drammatica delle processioni (sacre ?), la contraddittoria mescolanza tra coralità e sospetto, generosità e diffidenza.
Stagioni colme di silenzi paradossali e urla soffocate, calendari quotidiani di “vasamu li manu a Vossia”, ricette maschiliste e occhi sbavati se una donna osava attraversare da sola la piazza “…talìa a chidda ddà comu s’annaca…”

Ed eccole le parole -sottaciute, non dicibili – che (per dirla con Gesualdo Bufalino) bruciavano le labbra : mafia, omertà, onore, gallismo, gattopardismo. Parole che non sono di certo simulacri pieni di vento e che sarebbe colpevole bendare e/o tacere.
E il cui veleno ha agito (e agisce) in silenzio.

Ed eccola la tua voce, caro Vincenzo: nessuna lirica memoriale ad addolcire gli ulivi contorti, le storie di selvaggio plenilunio, le sognate nenie di muezzin-ninna-nanne; eccolo il ritratto nudo, scolpito, fissato, di un maschile ciclopicamente sordo, insensibile, incapace di fiati gentili e liberi.
Ed, infine, più che mai segno/cifra di una grecità senza tempo, l’emblema-maschera di nome Damiana : madre e donna che dipana i fili, angelo vendicatore che uccide l’orco, crudele pietas che da un lato commuove e dall’altro ri/propone altri interrogativi.

Dopo l’ansia dell’apocalisse, dopo l’ostilità delle porte serrate, dopo il transito all’interno delle ombre vaganti e dei corvi, ti affido – caro Vincenzo – un destino e un compito, anzi diversi e difficili vertigini da affrontare e compiere : sii roccia ed aria, tendi ancora letterari agguati e cancella l’imbrunire.

Reggiti.
Espanditi.
Sii goccia trasparente.
Esplodi come sole. Ustiona i dormienti.
E soffia. Soffia come bora.
Continua a volteggiare a muso duro puntando soprattutto sulla sorgente umana della tua energia.

Sono con te.
Distante geograficamente, ma a un soffio dalla tua penna.
A un fiato esatto dal tuo cuore.

Carlo.

Mon cher Vincenzo,

J’ai lu et relu ton Damiana.
J’ai essayé de dessiner la cohérence de la fable narrative de ton roman, la pertinence structurelle des diverses fonctions savamment distribuées en parfaite lucidité séquentielle, la maîtrise avec laquelle tu as su équilibrer mémoire et analyse, nostalgie et séduction.

Puis, je me suis arrêté.

Oui, je me suis arrêté au moment même où dans le fait d’expliquer (et souligner) les représentations et les personnages (les rôles, les modalités, les caractérisations, les interprétations), l’utilisation tout à fait originale du rapport langue-lalangue [La langue (linguistique, Saussure) et lalangue (psychanalyse, Lacan), s’opposent au concept classique de langage.], je me suis aperçu que j’allais développer une espèce de revue analytique de ton travail.
Non.
(Analyse qui est d’ailleurs le trait distinctif de mon travail – dicunt – lié plus à la poésie qu’à la narration et donc je mets sous clef toute directive sur les mouvements et/ou sur les mouvements explicatifs).

Je désire au contraire te témoigner de l’émotion (mais peut-être, il serait plus juste de parler de commotion : dans son sens latin originel de cum-movere) que ton Damiana m’a offert.
Oui, mon cher Vincenzo : j’ai revécu à nouveau – non sans quelques frissons pleins de nostalgie et de colère les saisons de cette terre-mère qui nous est commune, celle-là même qui avait la capacité d’inventer les jours comme si ceux-ci étaient des moments de théâtre, de farce, de tragédie, perpétuels.

Et j’ai retrouvé les silences des après-midis emplis de chaleur torride et de regards en biais, les indicibles guerres contre tous les Saints pendant les parties de cartes dans les cafés, la réalité épico-dramatique des processions (sacrées ?), la mixture contradictoire de choralité et suspicions, de générosité et méfiance.
Des saisons pleines de silences paradoxaux et de cris étouffés, des calendriers quotidiens de « baisemain », formules machistes et regards libidineux si une femme osait traverser toute seule la place « …Regarde-moi celle-là comme elle se déhanche… »

Et voici les paroles – dites à demi-mots, indicibles – qui (comme le disait Gesualdo Bufalino) brûlaient les lèvres : mafia, omerta, machisme, opportunisme. Des mots qui ne sont pas de creux simulacres et qu’il serait coupable de taire.
Et dont le venin a agi (et agit encore) en silence.

Et voici ta voix, mon cher Vincenzo : sans aucune envolée épique pour venir adoucir les rameaux tordus, les histoires de pleine lune sauvage, les berceuses de muezzin; le voici le portrait nu, sculpté dans le bronze, figé d’une virilité démesurément sourde, insensible, incapable de tout acte de noblesse.
Et, enfin, plus que jamais signe/empreinte d’une antiquité hellénique sans fin, l’emblème-masque ayant comme nom Damiana : mère et femme qui dénoue l’intrigue, ange vengeur qui tue le monstre, cruelle piétas qui à la fois émeut et interroge.

Après l’angoisse de l’apocalypse, après l’hostilité des portes fermées, après le passage des ombres et des corbeaux, je te confie – mon cher Vincenzo – un destin et un devoir, autant de vertiges qu’il faudra affronter et accomplir : sois roche et air, continue à tendre tes embuscades littéraires et efface la noirceur.

Tiens-toi debout
Étends-toi
Deviens goutte transparente.
Explose comme le soleil, réveille ceux qui dorment.
Et souffle, souffle comme la tempête.
De plein fouet continue ta route et compte surtout sur la source humaine de ton énergie.

Je suis avec toi.
Loin géographiquement mais à un souffle de ta plume.
À un souffle à peine de ton cœur.

Carlo.