Quella di Cruciano Runfola è una poesia – tratta dalla raccolta Nel silenzio di una luce fioca – scritta per il padre (Peppino, per la statura soprannominato re vichingu) e per quel mondo al quale egli appartenne per tutta la vita con dignità: il mondo contadino dell’entroterra siciliano. Traendo spunto dall’Eneide di Virgilio, la prima strofa ricalca lo stile della poesia epica che riassume nei primi versi tutto quello che accadrà, così come nei primi dieci versi dell’Eneide Virgilio riepiloga tutto quello che avverrà dopo. Così Runfola canta, non le vicende guerriere dell’uomo – “Arma virunque cano”- ma i fatti personali di quest’uomo sconosciuto – “Facta virumque cano” – e senza gloria.

Celle de Cruciano Runfola est une poésie – tirée du recueil Nel silenzio di una luce fioca – écrite pour son père (Peppino, surnommé dans son village roi viking pour sa taille) et pour ce monde auquel il appartint, avec dignité, toute sa vie : le monde paysan de l’arrière-pays sicilien. Les premiers vers de la poésie, s’inspirant à l’Énéide de Virgile et à la poésie épique, résument ce qui adviendra après. Ainsi Runfola, dans cette poésie, chante non pas des événement et des faits de guerre de l’homme – “Arma virunque cano”- mais les événements et les faits personnels d’un homme inconnu – “Facta virumque cano” – et sans gloire.

PEPPINAEIDOS

Facta virumque cano, alma mater
Di quella creatura senza fama dai moti
Della vita nel silenzio riarso
Rivoluzionario rivoluzionato
Placato dal venereo abbraccio
N’ammurato di la so terra matri.
Peppino, re vichingo, osservavi
Le tue conquiste sudate, la lavorata
Distesa di terra spazzata
Dal vento indolente, indolente
Tu stesso finché potevi, mentre
Ti sforzavi di perfezionare il Creato.
Si ti ergevi, finché udisti
Nel silenzio la deflagrazione
Del tuo cuore che esplodeva.
Era il tuo sedicesimo lustro
E così ti accasciavi verso Terra,
La tua amata che ti abbracciava.
Vedesti la tua dimensione
Distorcersi, accartocciarsi, comprimersi,
Contorcersi, stiracchiarsi, appiattirsi
In lunghe strisce piane roteanti in
Un vortice di bobine cinematografiche
Srotolate andanti dalle tue pupille al cielo.
Ti concentrasti, le ghermisti una ad una.
Nella prima sei un puero nelle braccia
Calde di tua madre, tuo padre
Ha una voce antica, inusuale, serena nella
Ristrettezza. L’aria è abbondante nel paese
Minuscolo, dimenticato da Dio.

Poi, sotto la scure di oscuri malefici
Tua madre prega tuo padre di far
Aggiungere al prete un altro nome
Per confondere i maestri di alchimie.
L’asino sospira nella casa, tuo padre
Pensa alle elettriche luci d’America.
Nella seguente sei piegato sui ceci,
Faccia al muro, al maestro non piace il tuo
Puzzo di capre, la tua ostinazione.
Ma fra un attimo ti alzerai e tuo padre
Porterà latte al Maestro e te al pascolo
Ove ti insegnerà l’Alfabeto e ti erudirà.
A lu saluni di lu varberi lu signorottu
Quannu t’assetti e pigghi lu giurnali sfardatu
Ti rimprovera: “Talia stu strunziddu!
Leggi! Voli divintari qualcuno”.
Ti veni ‘ncontru, cu li mani ti spingi
Fora e: “Va talia li pecuri!” Ti grida.
Nell’altra striscia la tua casa sprofonda,
Sotto il peso dell’Ignoranza superstiziosa,
Della Malattia e della Morte, i tuoi cari
Fratelli muoino, tua sorella genera
Nazarena, una bimba senza nome, il ricurvo
Tuo padre ti chiama e poi muore.
Ecco appare la rossa bandiera del riscatto.
L’abbracci, la terra di tuo padre bruciata
Dal demone di tua sorella ti manca,
Il vuoto è in te, l’onore lo hai perduto.
Sull’autobus scricchiolante miri e brami
Quella terra tappezzata di canneti sparsi.
Lu to desideriu si leggi ‘na la to’ frunti
Vai giranno cu la bannera di li comunisti
“Compagni, vutati, pigghiamuni li terri
Abbannunati di li patruna”. Li campera
T’arrispunninu: “Vo’ la terra?
Va a Trivadduna e ti la ‘nsacchi”.

Con la lotta e col miracolo è tua,
“La terra con le canne”, la lavori,
La fruttifichi, la fiorisci. Ivi ti stabilisci
Con tua moglie, li allevi i tuoi figli,
Il riscatto è compiuto. La terra
Origina il bene, La felicità. Non la cederai mai.
Il sole di buon mattino già ti trova
Nei campi. Le lotte adesso le guardi
In TV. Il sole allo zenit ti trova
Ancor curvo sui tuoi frutti. Tua moglie
Irosamente ti appella al desco.
Ti giri lentamente e vedi il paradiso.
Di nuovo la nemesi squassa casa tua,
La tua armoniosa bimba eroica ti lascia,
Le infermità ritornano tra i tuoi cari,
Il tuo vecchio cuore perde regolarità.
Consideri i tuoi discendenti e gioisci.
Nonostante la fatica, stai erto.
Non straziato piagato in un letto,
Ma alzato come un re nordico
Che guarda l’immenso campo
Di battaglia della Realtà, ti ha colto
Il decisivo colpo, il tuo cuore
E’ deflagrato per la insostenibile fatica.
Le strisce andanti verso il cielo
Adesso si diradano come nebbia
Inghiottita dall’oscurità. Le luci
Si spengono sulla tua Alba Longa
Prostrato su di lei, nella quasi oscurità
Girando leggermente la testa,
Con le ciglia pietrificate, l’hai baciata,
Comu na mugghieri valenti e duci
Terra, amore mio, alma mater.
Idda ti detti sustentamentu,
Riparo, conforto, tranquillità
Ora t’avviluppa, t’assimila a se

PEPPINAEIDOS

Facta virunque cano, alma mater
De cet homme sans gloire prit dans les mouvements
De la vie jusqu’à ce qu’il se consomme dans le silence aride,
Révolutionnaire révolutionné
Apaisé par l’étreinte de Vénus
Amoureux de sa Terre mère.
Peppino, roi viking, tu observais
Tes conquêtes trimées, ton bout de terre labourée
Balayée par le vent indolent, indolent
Toi-même quand tu le pouvais, pendant
Que tu t’efforçais de perfectionner la Création.
Debout tu t’érigeais jusqu’à ce que tu entendes,
Dans le silence, la déflagration
De ton cœur qui explosait.
C’était ton seizième lustre
Et ainsi tu t’écroulais vers ta Terre
Aimée qui t’enlaçait.
Tu vis ta dimension
Se tordre, se recroqueviller, se comprimer,
S’étirer, s’aplatir
En longues bandes plates dans
Un tourbillon de bobines cinématographiques
Qui de tes pupilles allaient jusqu’au ciel.
Tu te concentras pour les saisir une par une.
Dans la première tu es un nourrisson entre le bras
Chauds de ta mère, ton père
A une voix ancienne, inhabituelle, sereine
Dans l’étroitesse de la pénurie. L’air est abondant dans le village
Minuscule, oublié par Dieu.

Ensuite, pour conjurer les obscurs maléfices
Ta mère prie ton père de te faire
Rajouter par le curé un autre prénom
Afin de tromper les maîtres d’alchimie.
L’âne soupire dans la maison, ton père
Pense aux lumières électriques d’Amérique.
Dans la suivante tu es plié sur les pois chiches,
Face au mur, le maître n’aime pas ta
Puanteur de chèvre ni ton obstination.
Mais dans un instant tu te lèveras et ton père
Amènera du lait à ton maître et toi au pâturage
Où il t’enseignera l’alphabet et t’instruira.
Dans le salon du barbier, quand tu t’assois pour lire le journal déchiré
Le petit aristocrate du coin te gronde : « Regarde ce petit merdeux qui lit !
Il veut devenir quelqu’un ».
Il vient vers toi et te pousse de ses propres mains
Dehors : « Va garder tes moutons ! » te crie-t-il.
Dans l’autre bande ta maison s’effondre
Sous le poids de l’ignorance superstitieuse,
De la Maladie et de la Mort, tes chers
Frères meurent, ta sœur donne naissance à
Nazarena, un enfant sans prénom,
Ton père, le dos voûté, t’appelle et meurt.
Voilà apparaître le rouge drapeau du rachat.
Tu l’étreins, la terre de ton père brûlée
Par le Démon de ta sœur te manques,
Le vide est en toi, l’honneur tu l’as perdu.
Sur le bus qui grince tu vises et tu désires
Cette terre tapissée de cannaies éparses.
Ton désir se lit sur ton front.
Tu vadrouilles avec le drapeau des communistes
« Camarades, votez, prenons-leur les terres
Abandonnées par les patrons ». Les gardiens
Te répondent : « Tu veux la terre ?
Va à Trivadduna et tu la mets dans ton sac ».

Avec la lutte et le miracle elle est à toi,
« La terre avec les roseaux », tu la travaille,
Tu la fructifies, tu la fleuris. Tu t’y établis.
Avec ta femme, tu élèves tes enfants,
Le rachat est achevé. La Terre
Génère le bien, Le bonheur. Tu ne la céderas jamais.
Le matin de bonne heure le soleil te trouve déjà
Dans les champs. Les luttes tu les regardes
Désormais à la télé. Le soleil au zénith te trouve
Encore courbé sur tes fruits. Ta femme
Hargneusement t’appelle à table.
Tu te tournes lentement et tu vois le paradis
A nouveau le châtiment bouleverse ta maison
Ta fille héroïque et pleine d’harmonie te quitte à jamais,
Les infirmités touchent tes proches.
Ton vieux cœur perd sa régularité.
Tu considères tes descendants et te réjouis
Tu tiens débout malgré la fatigue.
Non pas meurtri avec des plaies dans un lit,
Mais debout comme un roi nordique
Qui regarde l’immense champ
De bataille de la Réalité, tu as reçu
Le coup décisif, ton cœur
A déflagré d’insoutenable fatigue.
Les bandes allant vers le ciel
A présent se dissipent comme brouillard
Avalée par l’obscurité. Les lumières
S’éteignent sur ton Albe la Longue
Prostré sur elle dans la pénombre
En tournant légèrement la tête,
Avec les cils pétrifiés, tu l’as embrassée,
Comme une épouse vaillante et douce
Terre, mon amour, alma mater.
Elle te donna la nourriture,
Un abri, du réconfort, la tranquillité
Maintenant elle t’enveloppe, t’assimile à elle.

Traduit en français par Dario Rossi.