Traversée (de Dimitri Porcu) est le retour, après la disparition de son père, vers la terre d’un détour, celle d’où sont partis les siens. La Sardaigne, l’approche de l’île est un retour amer de solitude, vers le sud de son origine, à travers la mer. L’amer du sud, à paraître, est le recueil de ce retour.

Traversata (di Dimitri Porcu) è il ritorno, dopo la scomparsa del padre, verso la terra « d’un détour », di una deviazione, quella dalla quale è emigrata la sua famiglia. La Sardegna, l’approssimarsi dell’isola è un ritorno amaro di solitudine, verso il sud della sua origine, attraverso il mare. L’amaro del sud, di prossima pubblicazione, è la raccolta di questo ritorno.

I- Traversée

à mon père et ma mère

De nuit, tant aimée,
Si souvent,
Depuis l’enfance…

Traversée

Nuit rêvée,
Désirée…
Traversé, par l’espoir d’un ailleurs,
D’un autre côté de la mer, où le sirocco nous réclame notre dû,
nous rappelle à l’ordre, nous maintien dans la ligne.
Tu as pris, mon amie Traversée, un goût amer,
ton visage a le sien.
L’enfant qui dort sur le sol, n’est plus le tien… ce n’est plus moi
à l’autre bout du couloir.
Traversé, par une réalité brute, sans artifice,
cette nuit a basculée.
La femme qui te pleure en silence au bar de ce bateau…
Embarcation, synonyme d’histoires communes, qui a tant traversée vos vies d’une “rive à l’autre”, est là,
Présente, désespérément forte…
Nos regards sont pour toi, en disent long sur l’arrivée qui nous attend…
Nous avons perdu l’envie d’arriver.
Ô Traversée, dure… dure… toujours…
dur, dur… bien que l’ami fidèle, le poète au long cours, le plus proche, accompagne au mieux, les yeux à la risée, au-delà des vagues perdues dans la mousse…
Traversé par la peur,
Ne plus monter sur le pont, peur de te sentir, de te respirer…
Rester au tapis, couché au sol, blotti en soi, la houle à l’oreille…
Enfin les larmes à l’abordage, le noir autour, mer et ciel… plus qu’un… et nous, seuls, maintenant…
Toi à la proue de ce navire volant, battant désormais pavillon inconnu en mer qui t’as vu naître.
Traversé par l’envie,
L’enfant veut croire en l’étoile du berger pour nous guider jusqu’au prochain port…
Accordons-lui sa certitude…
Après tout, elle a déjà menée nos vies depuis toujours, entre ses griffes, dans une constellation sublimement triste, trop nostalgique en tout cas.
Nous approcherons de nouveau de l’île, “une langue d’envol pour parler d’elle
sa limba” te disait-il, “a si biu” disions-nous.
Sur cette empreinte laissée en méditerranée, ce morceau de pierre,
ce mot à la bouche…
Je te reviens, je nous reviens.
Je t’apporterai les tiens, les êtres aimés, ceux de toujours… ceux d’aujourd’hui, les morts et les vivants, et tu seras là à nous attendre, toi l’homme aux semelles nomades et insulaires, au chant de grillons, au sel du cœur… dans la fumée d’un cigare… une tasse de café…

Comme sur la photo…

Ichnusa!!!

I-magine

C-ancer sans tropiques

H-ors de portée

N-anneddu meu

U-rlo

S-oleil

A-lba

Nous accosterons encore une fois…

En mer, au large entre Marseille et Porto Torres. 03/08/2018.

I-Traversata

A mio padre e a mia madre

Di notte, tanto amata,
Così spesso,
Dall’infanzia…

Traversata

Notte sognata,
Desiderata…
Traversata, per la speranza d’un altrove,
D’un altro lato del mare, dove lo scirocco ci reclama ciò che ci appartiene,
Ci richiama all’ordine, ci mantiene sulla linea.
Tu hai preso, amica mia traversata, un gusto amaro,
Il tuo volto ha il suo.
Il bambino che dorme per terra, non è più il tuo… non sono più io
Dall’altra parte del corridoio.
Attraversata, dalla cruda realtà, senza artificio,
Questa notte si è ribaltata.
La donna che ti piange in silenzio al bar di questa nave…
Imbarcazione, sinonimo di storie comuni, che ha tante volte attraversato le vostre vite “da una riva all’altra”,
I nostri sguardi sono per te e la dicono lunga sul nostro arrivo…
Abbiamo perso la voglia di arrivare.
O Traversata, dura… dura… sempre…
Dura, dura… sebbene l’amico fedele, il poeta dal lungo corso, il più vicino, ci accompagni al meglio, gli occhi all’orizzonte, al di là delle onde perse nella schiuma…
Attraversato dalla paura,
Vietarmi di non salire più sul ponte, per paura di sentirti, di respirarti…
Rimanere al tappeto, spalle al suolo, rannicchiato, con l’onda lunga nell’orecchio…
Infine le lacrime all’arrembaggio, il nero attorno, mare e cielo… non ne rimane che uno… e noi, soli, adesso…
Tu alla prua di questa nave volante, battendo ormai bandiera sconosciuta nel mare che ti ha visto nascere.
Attraversato dal desiderio,
Il bambino vuole credere nella stella della sera per guidarci fino al prossimo porto…
Accordiamogli questa certezza…
Dopo tutto, lei ha guidato le nostre vite da sempre, tra i suoi artigli, in una costellazione di sublime tristezza, troppo nostalgica in ogni caso.
Noi approderemo di nuovo sull’isola, “una lingua alata per parlare di lei
sa limba” lui ti diceva, “a si biu” diciamo noi.
Su questa impronta lasciata nel Mediterraneo, questo pezzo di pietra,
Questa parola in bocca…
Io ritorno a te, ritorno a noi.
Ti porterò i tuoi, gli esseri cari, quelli di sempre… quelli di oggi, i morti e i vivi, e tu sarai lì ad aspettarci, tu l’uomo dalle suole nomadi e insulari, dal canto di cicala, dal sale nel cuore… nel fumo d’un sigaro… un tazza di caffè…

Come sulla foto…

Ichnusa!!!

I-mmagine

C-ancro senza tropici

H-ors de portée

N-anneddu meu

U-rlo

S-ole

A-lba

Accosteremo ancora un volta…

In mare, al largo tra Marsiglia e Porto Torres. 03/08/2018